Moi, Marylin, DRH à France Télévisions, je fais le boulot

cabinet ktorza marylin

Quand une DRH maltraite un collaborateur, au point que la justice sanctionne l’entreprise publique à hauteur de 60 000 Euros, qui est responsable ?

DRH régional ! Le titre ronfle, Marylin en avait rêvé. Elle a obtenu le poste que libérait son patron Linoventura, avalé par la super structure parisienne. Sa qualité ? Servir. Et de fait, elle assure, au plus haut poste de sa région. Numéro 3 dans la hiérarchie RH de France Télévisions. 

Marylin rapporte à un numéro 2. Jean-Luc est une sorte de modèle, parmi les directeurs nationaux, pour sa capacité à suivre sa feuille de route sans états d’âme. Son pouvoir de dire non, il l’éprouve tous les jours, en particulier sur les non-permanents. Quand l’un d’eux réclame un vrai contrat ( un CDI ), les numéros 3 sont chargés de « traiter ». En clair : en lien avec le service juridico-social, fabriquer un dossier, puis confier à l’avocat local une mission d’enlisement judiciaire. Dans sa région, Marylin exécute la consigne.

Jean-Luc, numéro 2, rapporte à Iznogoud, numéro 1. Sans laisser de trace officielle, le patron a donné une instruction stratégique : faire plaider que les pigistes et intermittents qui se plaignent devraient être intégrés à temps partiel. Et donc, Jean-Luc répercute l’instruction aux numéros 3. Dans sa région, Marylin s’exécute.

Évidemment, elle sait que temps partiel signifie salaire partiel. Pire, le juridico-social va ajouter des éléments propres à réduire le salaire horaire, en rognant ici sur l’ancienneté, là sur la qualification professionnelle. De sorte qu’il soit impossible, pour le collègue qui se rend chez le juge pour obtenir un vrai contrat, de recevoir en contrepartie un vrai salaire. Dissuader, décourager, écoeurer les hommes et les femmes qui font la télévision, c’est ce qui est demandé à Marylin.

And now, the tragic story :

En janvier 2018, un salarié niçois prend un avocat à Paris, chargé de faire signer le CDI que Marylin ne veut pas établir. En représailles, Marylin ajoute au harcèlement judiciaire un nouvel harcèlement en interne : elle ordonne qu’on planifie moins le plaignant. Que cela entraîne immédiatement la chute de son salaire lui effleure sans aucun doute l’esprit mais… en conçoit-elle un problème de conscience ?

Or voici qu’un grain de sable enraye ce petit crime de bureau. Les syndicats et les collègues locaux réagissent. Marylin est interpellée. Piteusement, elle nie les faits. Mais des témoignages directs sont déposés. Et une pétition lui est remise. Sous cette pression, voilà que Marylin, sans revenir sur ses dénégations, fait à nouveau planifier le salarié. 

Le 30 octobre 2020, le Conseil de prud’hommes de Paris, sur dossier ( les audiences de plaidoiries ont été supprimées pendant cette phase de circulation du coronavirus ), condamne France Télévisions à intégrer le plaignant, avec un coût, principal, cotisations sociales et intérêts légaux compris, de l’ordre de 60 000 euros.

Marylin a aujourd’hui reçu le texte du jugement de la République Française. Peut-on imaginer que sa lecture agisse comme un électrochoc ?

Car, Marylin, l’homme que vous harcelez travaille depuis 24 années à France 3 Côte d’Azur. Il y poursuit une carrière, heureuse sur le terrain, d’Opérateur de Prise de Son. Il est reconnu, en interne et ailleurs, comme un cador dans sa profession. Même votre propre service le reconnait, qui le charge de former les OPS qui vont, eux, travailler en CDI ( un comble ! ). Il instruit et propose les migrations et innovations techniques. On lui fait sans cesse des propositions à l’extérieur. 

C’est un homme de télévision – un « talent » comme disent les vôtres – que vous maltraitez, Marylin. Un talent que votre boulot devrait consister à retenir, au lieu de le pousser dehors… 

Les ordres donnés à Marylin, de ne pas établir de CDI, d’enfouir la victime sous un tunnel de procédure, de l’intégrer finalement à temps partiel, sont une chose. Il lui aurait fallu sans doute trop de courage pour refuser des ordres illégaux. Peut-être que la responsabilité de la correction, en salaires, cotisations sociales et frais, à hauteur de 30 000 euros, incombe à sa hiérarchie.

Mais l’autre partie de la condamnation ( également 30 000 euros ), en purs dommages et intérêts, c’est autre chose. C’est une sanction exceptionnellement élevée, pour maltraitance par Marylin de ce chef OPS. Discriminer, affamer un homme de télévision, c’est un acte répréhensible, qui n’est pas dans son mandat de DRH. A bon entendeur…

Enfin, France Télévisions va certes régler le total, sur le compte de l’argent public. Mais qui sera comptable envers les contribuables de ces 500 redevances dépensées pour rien ?

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