Moi, Gérard, DRH à France Télévisions, je balade les gens heureux

Cabinet Ktorza Gerard Lenorman

Le DRH « juridique social – relations individuelles », expert en procès, explose les audiences. Comment se débrouille-t-il pour accumuler des millions d’euros de condamnations ?

Au-delà de son titre, la vraie mission de Gérard, c’est traiter les contentieux individuels. Assisté de juristes spécialisées, il monte les dossiers et instruit les avocats.

Problème : les condamnations croissent régulièrement, en nombre et en importance.

Étrangement, Gérard ne semble pas s’en émouvoir. Il ne se présente d’ailleurs pratiquement jamais aux audiences. Nous, défenseurs de nombre de ses victimes, n’avons eu le plaisir de le voir, lui-même en chair et en os, qu’une seule fois, en 2017. 

On lui aurait presque demandé un autographe ! 

Flashback :

2017, Cour d’appel de Paris. Deux illustrateurs de presse, fondateurs de la palette graphique FR3, avaient cru pouvoir résister à un chantage : un CDI avec baisse de salaire de 50 % (!) ou la porte. Ce fut la porte.

A l’audience, surprise : Gérard se pointe, incognito. Accompagné d’une collègue, il s’adosse au mur du fond. Il semble craindre quelque chose, mais quoi ? 

De leur côté, depuis leur siège, les magistrats font grise mine. Ils ne supportent plus ces arguties déshumanisées, couper les cheveux en quatre, plaider des temps partiels, des anciennetés amputées, des salaires grignotés… 

Ce jour-là – heureuse coïncidence, Gérard est présent – le président interpelle son avocat. Vous risquez une forte condamnation, vous avez besoin d’infographistes, réintégrez-les ! 

Gérard, au fond de la salle, reste coi… Il pourrait intervenir, solder l’affaire, arrêter la spirale infernale des condamnations qui augmentent avec l’exaspération des juges parisiens.

Mais il se tait. Il est fort possible que les juges ne l’aient même pas repéré en tant que représentant de l’employeur.

Pour sa part, face aux juges, très pro, son avocat ne se retourne pas : il élude.

L’addition est historique : 

Quelques 1 250 000 Euros en salaires, indemnités, cotisations sociales, intérêts de retard, frais de justice. Pour deux salariés…

Épilogue provisoire de cette affaire : 

Le grand DRH de l’époque a choisi de couvrir Gérard. 

Ce dernier a donc relancé l’affaire, actuellement en cassation. 

A suivre, donc. 

And now, the tragic story :

Trois ans plus tard. Même Cour d’appel, autre affaire. Deux équipiers de Thalassa à la mer. Cette fois, nous n’aurons pas l’honneur de la visite de Gérard.

On connaît la lente régression de l’historique magazine. Moins de reportages, moins de piges, moins de revenus. Le temps est venu du reclassement. Mais du côté DRH, silence radio. 

Pour les juges, cela n’a rien à voir avec un contentieux. Il n’y a pas de point de droit à trancher ( sauf à en inventer ), il y a juste un service RH qui dysfonctionne. 

Et donc, à l’appel de notre affaire, c’est déjà plié. Reste à savoir le niveau de la sévérité.

Or Gérard, dans ce dossier-là, n’a rien pu dissimuler. En particulier, que des ordres furent donnés de ne plus faire travailler les salariés. Les opérationnels les voulaient, les DRH disaient non ! Devant les juges se tiennent ce jour-là… des victimes de blacklistage.

Et encore…ce n’est pas tout ! Voici le plus pitoyable, le plus assassin pour Gérard :

Un des deux salariés s’est replié en région. Ne pouvant plus, faute de moyens, faire garder un proche non autonome, il le garde lui-même. 

Soudain, une convocation du planning lui parvient, pour 1 jour de travail, à Paris… 

1 jour.

Dans tout France Télévisions, impossible de trouver un OPS parisien pour une journée ? Faire traverser la France à un gars, censé récupérer les réflexes professionnels, et se remettre dans le bain, en 2 heures de vol… c’est sérieux ? Gérard, Gérard, qui t’oblige à te conduire ainsi ?

L’audience se tenait le 16 décembre.

La convocation du planning lui est parvenue, la veille, le 15 décembre.

A votre avis, pour travailler quel jour ?

Le 16 décembre, bien sûr…

Convoqué après 3 ans, pour travailler juste le jour de son procès !

C’est ce que nos clients appellent mépris. Et qui leur est, à juste titre, insupportable. 

La Cour n’a pas non plus supporté. Dans son Arrêt prononcé le 27 janvier, voilà démantibulé le très discret Gérard :

380 000 euros de condamnations, en principal, intérêts, cotisations, frais…  

Gérard n’en paiera pas un cent. Il peut continuer à parler tranquillement aux oiseaux le dimanche matin dans son jardin, l’addition est pour la télévision publique.

Et encore, cet arbitrage ne porte que sur une partie du litige. L’affaire se poursuit au pénal contre Delphine Ernotte, aux prud’hommes pour les arriérés de salaire, à la Cour de cassation puisque Gérard adore se plaindre de la Cour d’appel.

Pour l’heure et en attendant le solde, 2 750 familles françaises vont payer cet acompte… 

Quand va-t-on arrêter les dégâts de Gérard ? 

Allons, amis, une petite dernière pour la route : 

Le Président, neutre pendant l’audience comme l’exige sa fonction, a cependant tenu à bien expliquer ce pourquoi il allait cogner, grommelant assez fort pour que nous l’entendions  : 

« Je ne suis pas là pour faire le DRH de France Télévisions ».

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