Moi, Caroline, DRH à France Télévisions, j’enrage les chiens

Cabinet Ktorza Moi Caroline

La DRH de l’information, chargée de protéger les Huskies dont le service va fermer, trahit sa mission et tente de les noyer.

A quelle heure commence la journée d’un Husky ? 

Jusqu’à l’été dernier, Caroline ne le savait pas.

Combien de minutes de programmes quotidiens illustrées par l’équipe ? 

Quid des droits d’auteur ? 

Quels risques de santé et psychosociaux ? 

Quelle(s) formation(s) professionnelles ? 

Quelle évaluation par la hiérarchie ? 

Caroline ne veut rien savoir de tout ça.

Grâce à cette inexistence volontaire de la direction RH, nos chers Huskies ont vécu leur longue carrière en totale autogestion. Ils ont organisé leurs plannings, astreintes et vacances. La gestion des droits d’auteur et d’un fonds de 9000 CD (!). Quand les rédactions de France 2 et France 3 ont fusionné, ils ont eux-mêmes conduit la réforme dans le service. Et à l’arrivée de Madame Ernotte, ils ont courtoisement répondu à ses diktats ( les « impératifs » d’économie ) en optimisant d’eux-mêmes leurs vacations et leurs méthodes. 

Sans DRH. On en viendrait presque à se demander dans quelle mesure le poste de Caroline se justifie…

Mais trêve de mauvais esprit. Caroline est bel et bien là, et va peut-être enfin démontrer l’utilité de son poste à l’occasion de la fermeture du service.

And now, the tragic story…

Madame Elvire Moyaux, de la direction de l’information, se charge d’annoncer aux Huskies la suppression de leur poste. 

Pour cette réunion pour le moins sensible, elle s’adjoint le support de Caroline pour le volet procédures sociales. 

Mais de réunion, point. Ce sera une visioconférence. 

Vont-elles oser ? Annoncer à des gens que leur emploi disparaît….. via la caméra d’un ordinateur ?  

Elvire ne se sent pas concernée par les formes, c’est aux RH de gérer l’humain. Admettons. Mais Caroline ? Caroline laisse faire. Asséner le coup à distance, c’est son choix. 

Pourtant, personne ne l’y oblige. Au contraire, la relation humaine est sa compétence. User de violence psychologique, ce n’est pas dans sa fiche de poste. Ainsi, c’est de son propre chef que survient la scène de liquidation virtuelle.

Et maintenant, la honte dans la honte :

C’est Dame Elvire qui parle. Caroline, elle, se tait. Elle laisse faire tout le sale boulot à autrui. Vous les connaissez, ces carolines qui agressent autrui et qui voudraient en plus ne pas apparaître comme des agresseurs ?

Caroline se tait, bien qu’elle soit la DRH. Elle devrait intervenir, rassurer les collaborateurs sur le respect des procédures légales et de leurs droits. Elle doit fixer un préavis, et avant son terme, les placer sur un nouveau poste. Ça s’appelle reclassement, c’est obligatoire, et ça ne pose aucun problème pour 4 professionnels du son dans le groupe France Télévisions. 

Mais rien, rien de tout ça. Elle laisse se dessiner le scénario de mauvais film américain dans la tête des gens : virés en une phrase.

Et justement, eux, les gens, nos chers Huskies, comment réagissent-ils ? 

Dans ce genre de situation, vous avez le choix. Rester serein. Ou déprimer. 

Rester serein, c’est ce que les DRH confondent avec rester en bonne santé mentale. Ainsi, l’option serait entre le burn out et la bonne santé mentale.

Or non. Le contraire de la déprime n’est pas la bonne santé.

Le contraire de la déprime, c’est la rage.

( cf les travaux du psychiatre Robert Neuburger )

C’est parce qu’ils sont ( trop ? ) respectueux de l’autorité que, comme vous le feriez, comme tout un chacun le ferait, les Huskies optent pour la déprime.

Mais l’autorité est, ici, illégitime, détournée, pervertie.

Alors la rage existe et subsiste, souterraine, corrosive. 

C’est pourquoi notre job est de la transmuer en actions légales.

Encore une petite pour la route ?

Malgré la fin de la grève de soutien aux Huskies, qui a abouti à un moratoire sur la fermeture du service de l’illustration sonore, Caroline refuse de les réintégrer. Elle qui avait supprimé les salaires du mois de décembre 2020, refuse  de les régulariser.

C’est son choix, son style, sa pratique : « je te méprise ouvertement, je t’affame délibérément, et donc tu acceptes de partir, avec l’indemnité que je daigne fixer ». 

Une vision toute personnelle du job de DRH dans un service public.

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